header

Construction d’une maison des femmes
Ou « Da ti a Ouali »
A SIBUT (République Centrafricaine)

SITUATION GEOGRAPHIQUE DE LA VILLE DE SIBUT

Sibut est la troisième ville du pays avec 32 500 habitants. Située à 185 km, au nord-est de Bangui, elle est reliée par une route nationale en bon état. Ce qui n’est pas négligeable dans un pays où les infrastructures routières sont très dégradées.
Ses atouts sont essentiellement: Le climat, la qualité de la terre, sa proximité de Bangui pour permettre d’écouler les produits sur les marchés de la capitale et néanmoins son éloignement ce qui permet de la protéger des vicissitudes urbaines, de l’insécurité liée à l’expansion des quartiers dits sensibles et de la pauvreté. En fait Sibut est une petite ville agréable à vivre, verte et rurale, située sur un carrefour routier assez important : l’axe Tchad et l’axe Soudan.
Sa jeunesse très active est beaucoup impliquée dans le travail de la terre ou celui de la pêche. Il y a pénurie de grosses entreprises privées et seulement des petits commerces. Des arbres fruitiers très nombreux donnent des fruits à profusion en pleine saison mais la moitié de cette production se perd faute de moyens de conservation.
Les réseaux de téléphonie mobile fonctionnent bien : Orange France et 3 autres réseaux, ainsi qu’Internet. Ses Faiblesses: Sibut a souffert des troubles qui se sont produits récemment en RCA et même si la sécurité semble rétablie, beaucoup reste à faire pour reprendre une vie normale. Sa population est très jeune et compte beaucoup d’orphelins du Sida qui sont élevés par des grands-mères seules. Il y a peu de possibilités d’activités sur la ville.
Celle-ci présente un certain nombre de handicaps dûs à une situation locale dégradée amplifiée par la guerre civile :
- L’électricité ne fonctionne plus (groupes électrogènes qui nécessitent du carburant) ;
- Pas d’eau courante. L’hôpital doit fonctionner sans eau courante, ni électricité.
- Depuis le dernier coup d’Etat, la seule banque a déménagé de la ville pour la capitale.
- Problèmes de moyens de transports (minibus appartenant à des particuliers surchargés et conduits pas des chauffeurs inexpérimentés et dans des conditions de totale insécurité). C’est l’hécatombe : trop d’accidents mortels.
- Absence de structures de conservation et de transformation de la production agricole et fruitière.

1. OBJECTIF
Aider les femmes de Sibut à lutter contre la précarité (Pauvreté, absence de soins) et la violence.

1.1. Objectif général

- Favoriser l’insertion sociale et économique des femmes par la mise en place d’activités économiques génératrices de revenus.
- Informer et former les femmes qui le souhaitent dans la lutte contre le Sida et la violence.
- Soigner les enfants victimes du paludisme, première cause de mortalité infantile en Centrafrique.
- Redonner une place valorisante et utile aux femmes âgées afin d’éradiquer les pratiques d’excision et de faire cesser les accusations de sorcellerie dont elles font l’objet.

1.2. Objectifs spécifiques

- Aménager un espace pour l’information et la formation dans différents secteurs: médical, social, économique afin de déceler et renforcer les aptitudes de chaque femme pour leur permettre de développer une activité génératrice de revenus.
- Créer à la fois un lieu d’échanges et d’activités pour les femmes en même temps qu’un espace sécurisé pour se détendre et se ressourcer si nécessaire.
- Installer une unité de conseils sanitaires pour une information et une sensibilisation des femmes aux règles d’hygiène et de prévention des maladies.

2. MOYENS
Une maison des femmes de 300 m2 environ qui sera un lieu d’échanges, de formation et d’activités et qui comprendra :

- Une salle d’accueil et d’écoute.
- Un bureau administratif.
- Une salle de réunion pouvant contenir de 60 à 80 personnes pour faire de l’information et de la formation, équipée de matériel audio-visuel.
- Deux salles de cours pour la formation professionnelle avec vidéothèque et bibliothèque pour tout public.
- Un lieu équipé de fours séchoirs : fours à pain, fours à poterie…
- Une salle d’apprentissage des traditions et pratiques ancestrales.
- Une cuisine équipée pour apprendre à confectionner des menus équilibrés, facteurs de meilleure santé.
- Une salle de restaurant pour servir les repas élaborés en cuisine.
- Un magasin pour la vente des produits réalisés par les femmes.
> - Des toilettes et douches.
- Aménagement d’un Terrain agricole et maraîcher.

2.1. Une salle d’accueil et d’écoute

Il existe un centre de dépistage volontaire du Sida à l’hôpital de SIBUT. Malheureusement il annonce aux candidats leur séropositivité sans leur donner de suivi psychologique comme le font de nombreuses associations installées à Bangui. Or, la période la plus délicate pour une personne atteinte du sida est celle qui suit la découverte de sa séropositivité. Celle-ci peut la pousser dans une grave dépression. Elle peut l’entraîner vers une attitude suicidaire qui tend à transmettre volontairement la maladie à d’autres.

2.2. Un restaurant

Mise en place d’une restauration avec des menus équilibrés, à prix abordable, pour la population de Sibut et les nombreuses personnes de passage. Elle permettra de créer des emplois tout en valorisant et rentabilisant le travail des femmes.

2.3. Deux salles de formation professionnelle

Une salle à vocation agricole et conservatoire. Pour améliorer la technique de production du manioc et utiliser les fours séchoirs pour la transformation et la conservation des produits agricoles (légumes, fruits…), de la viande et des poissons.
Une salle équipée de machines à coudre, à broder, d’ordinateurs afin d’apprendre aux femmes à devenir autonomes et responsables de leur avenir.

2.4. Une salle d’apprentissage des traditions et pratiques ancestrales

Les deux raisons essentielles qui poussent les femmes âgées à continuer de pratiquer l’excision sont, d’une part l’apport d’un moyen de subsistance non négligeable et la transmission de traditions ancestrales, considérées comme indispensables pour l’avenir des femmes, en permettant aux fillettes d’entrer dans la vie d’adulte de façon respectable Il est donc primordial de pouvoir disposer d’un espace agréable et propre dans lequel ces femmes âgées pourraient transmettre toute une culture ancestrale à la jeune génération sans éprouver le besoin de mutiler des fillettes. Conserver un rôle utile dans la société aux personnes âgées permettrait de leur maintenir un statut honorable et respectable sans qu’elles aient besoin d’avoir recours à l’excision. Ce lieu permettra également d’accueillir des fillettes pour dénoncer la prostitution qui les menace.
Il sera possible d’assurer deux semaines de formation pour une dizaine de femmes âgées et une quinzaine de fillettes. Cette formation comprendra des cours d’instruction civique mais également de sexualité et de connaissance de son corps.
Pour répondre à ses besoins en énergie, La maison sera équipée de panneaux solaires et d’un groupe électrogène.

3. RESULTATS ATTENDUS

- Création d’activités génératrices de revenus
- Augmentation de la production agricole locale
- Production améliorée, transformation et conservation de produits agricoles
- Reconnaissance sociale des rôles des femmes
- Amélioration des conditions de vie
- Renforcement des capacités (culinaires, commerciales, techniques agricoles) des femmes.
- Sensibilisation des femmes à la santé et à l’hygiène
- Création d’emplois
- Valorisation du statut des vieilles femmes qui pratiquent l’excision !
- Baisse de lynchage des femmes âgées accusées de sorcellerie
- Baisse de l’excision des petites filles
- Implication de la population dans le projet